"On travaille lundi finalement ?"

Le fameux lundi de pentecôte, la journée de solidarité créée en 2004, est-elle une journée fériée, chômée ? Quelle est la différence ? Et à quoi ça sert.

Je reviens un peu sur ce marronnier qui anime les open spaces chaque année un peu après le mois de mai.

À quoi ça sert ?

En 2003, canicules, 15 000 décès, l'état organise une quête de solidarité qui rapport entre 2 et 2,5 milliards d'euros par an. Prélevés par le biais des cotisations URSSAF pour la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie.

Comment ça marche ?

Selon wikipedia :

L'employeur verse périodiquement 0,30 % de la masse salariale brute à titre de cotisation.

Pour en savoir plus, se rapprocher d'un ou d'une spécialiste me semble le plus efficace.

En pratique, les employés vont travailler 7 heures pour financer une partie de cette cotisation. C'est la loi.

Depuis 2008, les autorités de l'entreprise (employeurs, délégués du personnel, comité d'entreprise, etc.) peuvent choisir un autre mode d'application que celui qui était de mise : le lundi de pentecôte est férié mais pas chômé et les salariés travaillent donc pour financer la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie.

Le site commentcamarche.net rappelle :

Elle peut désormais s'effectuer soit pendant un jour férié chômé autre que le 1er mai (comme le lundi de Pentecôte par exemple), soit pendant un jour de RTT, soit selon d'autres modalités à déterminer au sein de l'entreprise (travail un samedi ou travail 7h de plus sur l'ensemble de l'année par exemple).

Réflexion sur la solidarité

Je ne reviens pas sur l'intérêt de la solidarité, de la mutualisation des richesses (et autres risques) et de la bienveillance. Nous allons considérez que la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie utilise au mieux ces 2 milliards d'euros.

La SNCF et ses syndicats bien informés ont d'ailleurs choisi de répartir cette solidarité sur l'ensemble de l'année en faisant travailler les salariés 1,8 minutes de plus par jours travaillés. (en vrai, cette solidarité est répartie en deux fois 3h30)

Pour tous les autres, de manière générale, la journée est fériée mais pas chômée. Si vous voulez rester avec vos enfants (car pour l'éducation nationale, c'est donc férié), il faudra poser une journée de RTT ou de congés. Autrement il faudra travailler 7 heures.

La loi française impose les 35h de travail hebdomadaire, soient 7 heures de travail quotidien. Si vous avez le droit à des RTT, c'est parce que vous travaillez 2h30 de plus chaque semaine, soit 7h30 par jour.

Si vous posez une RTT ou un congés ce lundi de pentecôte, vous perdez donc 30 minutes.

Si vous travaillez aux mêmes horaires que d'habitude (parce que la seule autorité est votre employeur et que vous n'allez pas lui tenir tête seul pour faire entendre vos droits), vous perdez également 30 minutes.

Dans l'année, selon la convention syntec, si vous travaillez un dimanche ou un jour férié, vous devriez gagner deux fois le taux horaire normal. Pas en ce lundi de pentecôte.

Et si l'autorité de votre entreprise a décidé de prendre en main cette journée de solidarité, au lieu de perdre 30 minutes et de ne pas voir vos enfants, vous perdez simplement 2 minutes par jour.

Si vous ne faites pas le tour des bureaux chaque matin pour faire la bise et serrer les mains, vous êtes déjà en disposition d'être solidaire de manière aussi naturelle que transparente, sans vous faire piquer 1 journée par votre employeur.

On vaut mieux que ça

Les accords d'entreprise deviennent la norme devant le droit du travail et les conventions collectives, il va donc falloir devenir une autorité ou s'assurer qu'une autre autorité que l'employeur ait son mot à dire pour la mise en place de ces accords.

Commencez par exemple par renégocier cette journée ces 7 heures de solidarité.


Sources :

Illustration : https://flic.kr/p/jenAXr (CC BY-NC-SA 2.0)