Il fait chaud en été.

En 2003, quinze jours de canicule ont été responsable de plus de 10 000 décés en France, alors que le Président de La République et son gouvernement, notamment le Ministre de la santé été en congés. Ce qui vaut aujourd'hui aux différentes autorités d'alerter la population en cas de prévisions d'une nouvelle canicule.

Cette année, 2019, tous les ministres y vont de leur paternalisme avec des alertes, des recommandations, mais aucune anticipation de la prochaine crise climatique. On suggère aux employeurs de permettre le télétravail de manière exceptionnelle, on suggère au corps enseignant d'installer leurs élèves dans des endroits frais, on a même repoussé le brevet des collèges.

Que ce soit une conséquence du changement climatique, ou simplement une crise saisonnière, les chances sont grandes pour que certains étés à venir soient chauds et causent de grave soucis sanitaires, économiques et sociaux. Ça va de nouveau arriver, on ne sait pas quand, mais ça va de nouveau arriver.

Pourtant on continue de construire des bureaux aussi isolés qu'une serre. Pour contrer les trop fortes chaleurs – ou les grands froids – on installe des pompes à chaleur, des climatiseurs. Les établissements scolaires restent inadaptés, on y installe du préfabriqué.

Les solutions proposées en urgence ne semblent ni convaincantes, ni permettrent d'anticiper les prochaines vagues de chaleur.

D'accord, mais quel rapport avec la dette technique ?

Depuis 2003, les employeurs cotisent l'équivalent d'une journée de travail pour prévenir les risques des prochaines canicules. À en croire l'actualité, rien n'a été fait pour isoler les batiments. Or c'est par l'isolation qu'on se protège le mieux de la chaleur. Si le batiment n'est pas isolé, c'est très coûteux de refroidir – ou de chauffer – les locaux. Avez-vous déjà fait cuire un gâteau dans un four ou refroidi une bière dans un réfrigirateur avec leurs portes ouvertes ?

Lorsqu'un bug critique arrive, une montée de charge ou une nouvelle fonctionnalité centrale, on distribue des casquettes et des verres d'eau au code, on installe des climatiseurs à tout-va, et puis on espère que ça passera pour cette fois. Mais toutes ces rustines sont autant de raisons pour que la prochaine fois ça se passe encore plus mal.

Il fait chaud en été, de plus en plus chaud, de plus en plus tôt.

Une part de ces conditions climatiques est la responsabilité du changement climatique, qui est la responsabilité de l'activité humaine notamment de la surconsommation des ressources et du dégagement de gaz à effets de serre. Pour palier les symptômes, on installe des pompes à chaleur gourmande en énergie. Et le cercle vicieux continue d'être alimenté.