J'ai rassemblé quelques liens autour du travail et des implications qu'imposent les différentes visions qu'on peut avoir de sa valeur.

Lâchez-nous avec la valeur travail

[article : Lâchez-nous avec la valeur travail, Socialter]

Entre les discours sur le travail que vous - élus, dirigeants, syndicats, prétendants au pouvoir - proférez et les preuves objectives, un gouffre s'est creusé. Les tâches les plus variées nous échappent chaque jour au profit des machines, et pourtant vous érigez encore l'emploi en garant de tous nos droits - santé, vieillesse, citoyenneté - et de notre bonheur.
Votre jeu est vieux comme le monde et il est si simple d'y voir clair : la moralisation du travail est - et a toujours été - le meilleur instrument de contrôle physique, psychologique et social des hommes. Vous vantez l'effort dans la tradition judéo-chrétienne : l'effort soigne la paresse, détourne des tentations et enseigne l'humilité.
Peut-être avons-nous un seul conseil à vous donner : laissez donc tomber la morale et préoccupez-vous plutôt de l'économie. À force de lui donner tour à tour les rôles les plus variés - du déterminant culturel à l'instrument de cohésion sociale - vous avez oublié son rôle premier de facteur de production.Or, la valeur purement économique du travail n'a jamais autant stagné, ravivant des inégalités que les sociétés occidentales n'ont pas connues depuis le début du siècle dernier. Aujourd'hui, nous avons besoin de vous pour définir un système satisfaisant de valorisation de notre production. Car si le travail n'est pas notre seul salut, il est encore notre principal gagne-pain.

Nous entrons dans l'ère du travial contributif

[article : Nous entrons dans l'ère du travial contributif, rue89, Bernard Stiegler]

Le « bottom up » pur n’existe pas. Ce qu’on appelle le bottom up consiste à faire venir toutes les informations et les décisions du terrain, des participants, plutôt que d’avoir quelques décideurs qui imposent des organisations. Je pense que ce n’est pas possible. Il faut toujours quequ’un qui décide.

Le décideur, c’est celui qui juge le mieux, c’est celui qui anime aussi le mieux des communautés de sachants.

Mais il n’y a pas de gens qui aient un rôle d’exécutants. Tout le monde a voix au chapitre sur tout ce qui concerne les contenus, tout le monde est impliqué dans cette prise de décision. Les clients eux-mêmes peuvent participer.

Nous vivons l’entrée dans un nouveau mode de travail : l’ère du travail contributif, où le contributeur n’est ni simplement un producteur, ni simplement un consommateur.

Il ne faut pas oublier que l’automatisation va se généraliser et rendre l’emploi de moins en moins nécessaire. Regardez les caisses automatiques dans les supermarchés, les automates au péage, mais également les robots logiciels qui font le ménage sur Wikipédia. Ce que je soutiens, c’est que c’est une bonne chose.

A une condition : qu’on valorise la possibilité qu’ont les gens de développer leurs capacités sociales, leur savoir, leur travail au sens fort du terme, plutôt que leur seul emploi.

Le travail, Scop Le Pavé, Franck Lepage, Gaël Tanguy

Travailler moins rend-il vraiment plus heureux ?

Est-on plus heureux lorsqu'on travaille moins ?
Cela dépend de ce que l'on met derrière le mot "bonheur".
Ne s'épanouit-on pas aussi en travaillant ?
Le travail n'apparaît pas être une activité enrichissante sur  le plan émotionnel. La balance entre émotions positives et négatives des  heures de travail est franchement médiocre, proche de celle d'activités  comme le ménage ou le rangement… On a pu observer que plus un  individu passe d'heures à travailler, plus il éprouve d'émotions  négatives dans sa journée et moins il ressent d'émotions positives. La  relation vaut aussi bien pour les personnes occupant un emploi qui les  satisfait que pour ceux à qui l'emploi ne convient pas. Pour les uns  comme pour les autres, le travail n'est pas une activité propice au  bien-être émotionnel global, beaucoup moins que les loisirs par exemple.

Sens du travail, bonheur et motivation

Sacrée croissance

[documentaire : Sacrée croissance, Marie-Monique Robain, Arte France]

Les experts intervenant dans le film sont formels : sous la forme  qu'elle a connue au XXe siècle, la croissance est terminée, elle ne  reviendra pas. De nombreux paramètres ne leur laissent aucun doute, dont  la fin de l’ère des énergies bon marché ou la dépendance croissante à  la dette.
"Celui qui pense qu’une croissance exponentielle infinie est possible dans un monde fini est soit un fou soit un économiste" déclare un... économiste, non sans humour. Alors,  pendant que les États s’enfoncent dans la crise, des insoumis créent  les prémices d’une société fondée sur la sauvegarde écologique et le  développement durable. Avec Sacrée croissance !, la réalisatrice  présente une sélection d’initiatives réussies et de modèles alternatifs  viables. Son film élargit ainsi le champ des possibles en montrant  comment on peut réfuter en action, et pas seulement en paroles, le  modèle économique dominant. Avec une idée force : face au gaspillage mondial, la réponse doit être locale et solidaire. À Toronto, une  coopérative de fermiers produit des légumes bio près du centre-ville et  vise la souveraineté alimentaire. À Rosario (Argentine), on lutte contre  l’exclusion sociale en fertilisant d'anciennes décharges pour embaucher  des maraîchers débutants. Certains villages népalais s’approchent de l’autosuffisance énergétique grâce au biogaz et à la  micro-hydro-électricité. Au Brésil ou en Bavière, des banques  communautaires et des monnaies locales bouleversent le rapport à  l’argent d’un public qui se fait "prosommateur" (producteur et  consommateur). Quant au Bhoutan, il développe une politique publique  révolutionnaire instaurant le concept du "Bonheur national brut" (BNB). "L’abondance matérielle finira par s’arrêter", rappelle un des intervenants. Et c'est avant qu'il faut changer de paradigme économique, insiste Marie-Monique Robin.

Pourquoi le travail et l'emploi vont disparaître

[article : Pourquoi le travcail et l'emploi vont disparaître, entretien Paul Jorion, Le Figaro]

En 1930 déjà, l'économiste anglais John Maynard Keynes prédisait - dans  une fiction - qu'un siècle plus tard, on pourrait se contenter de  travailler 15 heures par semaine, et que le principal problème  résiderait dans la répartition du travail.
L'ordinatisation des métiers va à la fois toucher les métiers «simples»  et «complexes», ce sont les métiers qui allient travail manuel et  réflexion qui seront plus difficilement remplaçables.
Si nous sommes remplacés par des ordinateurs et des logiciels,  qu'allons-nous faire du coup? Travailler moins? Arrêter de travailler?
Travailler  moins. L'emploi et le travail sont voués à disparaître. Des questions  essentielles se poseront alors: comment donner un revenu aux gens qui ne  soit pas lié au travail? Comment occuper les gens? Au XIXe siècle déjà  un philosophe émettait l'hypothèse suivante: si l'homme est un jour  remplacé par une machine, alors il devrait avoir droit à la moitié des gains engendrés par la machine qui l'a remplacé. C'est un schéma auquel nous pouvons aujourd'hui penser.

Au fond, qu'est-ce que le travail ?

[article : Au fond, qu'est-ce que le travail ?, Lionel Dricot, Ploum.net]

qu’est-ce que le travail ? La notion même de travail est-elle encore  nécessaire ? N’est-elle d’ailleurs pas en train de disparaître pour être  remplacée par la notion « d’activité » ? On observe en effet de plus en  plus de personnes devenir indépendantes et mêler joyeusement activités rémunérées ponctuellement, activités bénévoles voire, comme ce blog, activités qui sont dans la zone grise entre les deux. Même le sacro-saint CDI est complètement remis en question.
Quand on sait que le mot « travail » signifiait à l’origine « tourment »  ou « souffrance » et qu’il provient d’un mot latin désignant un engin  de torture, quand on observe que seulement 13% des travailleurs de la planète apprécient leur travail, ne peut-on pas se réjouir que la société se débarrasse du travail ?